01/02/2009
-Mon coeur est un tombeau où poussent les ronces de l'amertume,
où fleurissent les soleils noirs de l'impossible-
Que sais-tu de ce coeur meurtri, de ce coeur ridé d'avoir tari son amour, d'avoir versé jusqu'à sa dernière larme, d'avoir étouffé le cri rugissant de ses rêves?
Que sais-tu de ce coeur écoeuré, dégoûté de tous ces sourires mielleux, de toutes ces étreintes éphémères, de tous ces mots creux?
Que sais-tu de ces silences mortifères , de cette absence lancinante, de ces regards perdus vers d'autres infinis, d'autres rivages, au-delà du dernier voyage?
Que sais-tu de ce qu'endure les âmes esseulées, égarées dans leur propré déchéance, oubliées derrière ces voiles d'indifférence que le temps laisse, ces âmes abandonnées que le monde rejette dans leur chute insondable?
Que sais-tu de ces nuits d'ivresse, d'illusions faussement retrouvées, de ces faux-semblants qui ne font que jouer une comédie grotesque?
Que sais-tu du verbe aimer, de ses tristes conjugaisons au passé, de ses éspérances au contionnel, de son présent fabuleux et de ses futurs incertains?
Que sais-tu, toi, qui nous entraîne dans tes sombres méandres, à travers tes chemins sinueux ou tes avenues dégagées?
Que sais-tu, toi, qui n'a pour vocation de briser ou d'illuminer quelques années, peut-être, la créature humaine?
Que sais-tu, toi, de ce que tu nous infliges dans ta course effrénée, seulement ponctuée des souvenirs que tu daignes nous laisser?
Si l'on doit vivre, autant vivre en serrant les dents, parrant les coups portés par la vie, crispant les poings sur les échecs, en allant de l'avant assez vite pour échapper à la tentation de se retourner.
Non, jamais, jamais se retourner sur son passé.